mardi 20 mai 2008

La salle à jouer #4

LE PSYCHIATRE, après un temps. - Vous voulez m’en parler ?
L'ARCHITECTE. - C'était l’horreur... Tous ces repas interminables où ce que l'on ne disait pas comptait davantage que ce que l'on disait.
LE PSYCHIATRE. - Expliquez-vous...


L'ARCHITECTE. - Je me souviens d'un soir j'étais venu à table sans avoir pris le temps de me laver les mains... alors mon père... (Il s'arrête brusquement.)
LE PSYCHIATRE. - Poursuivez...

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lundi 19 mai 2008

La salle a jouer #3

(Bertha, la bonne, passe sa tête par la porte de la cuisine pour savoir ce qui se passe.)
EMILY. - Je ne sais que vous dire Bertha... Monsieur Quesnay est toujours au téléphone.
CLAIRE. - Qu'on serve au moins le potage ça fera venir papa.
EMILY. - Je ne sais pas... je ne sais que décider... Oh ! Attendons encore cinq minutes si vous voulez bien Bertha.
BERTHA. - Oui Madame.
EMILY – Alors ?

(Le père entre en trombe, venant du hall)
QUESNAY - Je dois m'absenter.
(Bertha surgit, portant la soupière.)
EMILY. - Comme cela ? Sans même avoir le temps de prendre une assiette du bon potage au céleri de Bertha ?
QUESNAY - Quelque chose est arrivé. Quelque chose de grave.

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dimanche 18 mai 2008

Le len

Mais qu'y a-t-il donc la-haut de si intéressant ? Le ciel ? Oui, le ciel, peut-être. Ou un petit bout de nuage découpé entre les maisons. A moins que, ce bout de toit... Cet auvent qui bougeotte sous l'effet du vent.

Et... non, ce ne peut être qu'une idée a lui.

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jeudi 15 mai 2008

La salle à jouer #2

Et la salle à manger...
– Oui...
– On dirait que nous sommes attirées par cette pièce.
– J’ai remarqué .
– Bon... Tu es sûre que Maman ne veut pas emporter tout ça à Bordeaux ?
– elle n’a déjà pas assez de place là-bas . Elle nous demande de faire le partage en évitant de nous disputer
– Il va falloir faire des lots si je comprends bien ?
– Oui à moins que l'une de nous deux n'ait envie de quelque chose et que l'autre n'en veuille pas.
– Réglons ça tout de suite alors...

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lundi 5 mai 2008

Feux de rampes

Tout n'est que paliers, dans ces parcours qui d'un endroit à un autre font état du changement. Changement dans les espaces, ou dans un même lieu, au gré de la lumière, ou de l'absence de celle-ci.
Voilà donc une passante, saisie au vol, dans un de ces grands marchés où s'égaie la foule bigarrée des maraîchers ; elle est presque hors cadre, furtive, comme déjà sortie de l'histoire qui tenterait d'en connaître plus sur elle, sur le lieu, sur ce palier, celui-la ou celui d'en dessous.
Mais on en reste là, toujours, dans cette fausse attente d'une image fixe, que l'on peut observer à loisir, et qui peut raconter beaucoup. Il suffit, peut-être, de se laisser guider...

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dimanche 27 avril 2008

Saigon Electric #2

De l'électricité, il faut retenir deux trucs : d'abord, que ça va aussi vite que la lumière, ensuite, que ça ne va nulle part sans fil.

Donc, zouuuu !, mais gainé de noir, plus ou moins épais selon le trafic.

Ces histoires que Volt et Ampère ressassent en circuit fermé, et qui ont résolument changé le paysage urbain.

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vendredi 25 avril 2008

Perco

Fort de café, tous les jours.
Ce sont mille enseignes où l'on trouve un café, oups, non, mot ca phe, den, da, sua, et tous ces caetera.
Trung Nguyen, parce que, les Nguyen du Centre, donc, compte ses comptoirs par centaines de part chez nous, où, bien sûr, on y va de son ca phe da, même pas frappé, mais si froid, et si noir, qu'on en reprendrait bien encore, oui, mais un peu plus tard.

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samedi 19 avril 2008

Du côté du Song Hong

Nul doute que la fascination saurienne soit le ferment de nombreuses légendes extrême-orientales, où, pour un oui ou un non, un dragon vient se lover dans un mont, une vallée, un nuage, un fleuve. Après tout, du têtard entortillé au symbole du flux cosmique, il n'y a pas de lézard : tout mue, remue, transmute.

Je vois bien ce monarque moustachu et vaguement félin, rêvant aux écailles de quelque serpentine figure, et décidant que là, au delà du fleuve, serait sa capitale. Bon, il y avait bien un bourg, sur la route de la Chine, au nom de Tong Bình, ou bien de Long Do, ou bien encore de Dai La-la citadelle. Mais, toute forte fut-elle, la place n'en devint que plus majestueuse lorsque notre bon Ly Thai To, en 1010 tout juste, y fonda sa cour, et nomma le lieu Thanh Long, en hommage au dragon ascendant de ses visions éthérées. Depuis ce jour, l'endroit connut toutes sortes de vicissitudes, consistant principalement en un va-et-vient de troupes chinoises, toutes occupées à boulonner ou déboulonner un trône que les sourcilleux empereurs vietnamiens veulent garder pour eux tout seuls. La ville grandit à mesure que l'on piétine dans cette histoire, et lorsqu'enfin Le Loi Boute l'ennemi chinois hors de son empire, en 1428, il marque le coup en baptisant l'ancienne Thanh Long d'un nom plus empesé. Dong Kinh, et voilà le travail. Ca s'écrit comme Dong Jing chez ces fieffés Chinois - ou même comme Tokyo, quand les Nippons en auront soupé d'Edo. (Et cela amène nos compères Français, chez qui le "kin" asiatique est une marque de fabrique, a causer de la région comme du Tonkin.).

On voit se suivre les années, et Dong Kinh se voit voler la vedette par Hue, plus au sud. On doit attendre un Nguyen qui réinstaure la capitale au nord, y allant aussi de son talent toponymique : Ha Noi, ça sonne aussi, même si l'on ne parle plus que du fleuve.
Le dragon, lui, s'est envolé voilà déjà longtemps. Il a senti le vent tourner, et les canonnières françaises qui n'attendent que de tonner...

(Photos prises à l'ouest de la ville, dans l'arrondissement de Ba Dinh, où l'on ne badine pas avec le Plan. 2010 et Hanoï fête son premier millénaire. De quoi réparer quelques trottoirs...)

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samedi 12 avril 2008

Aérogarés

Est-ce cela, donc, la récupération sous le prétexte du "low cost" d'une coutume passée, de celles qui disparaissent inexorablement sous les strates limoneuses du Développement.

Or donc, c'est bien parce que notre avion ne coûte pas si cher que l'on doit nous y convoyer dans de bringueballants bus sur le tarmac, loin des terminaux et de leurs excroissances articulées.

Et que, donc, on foule encore la piste, et l'on s'éloigne, et l'on regarde et entend ces gros porteurs qui atterrissent, qui manoeuvrent, qui sont là, posés, à l'échelle une d'une réalité étrange qui s'apprête, elle, à décoller.

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Far east

Au guichet, comme attablé, comme de dire au visage d'en face qu'il y a bien quelque chose à faire, alors qu'attendent aussi d'autres qui certainement, certainement, aurait à dire, mais là, pas encore car la photo ne bouge pas.

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vendredi 11 avril 2008

May Pho ?

36, peut-être ou bien toujours, mais bien des ruelles étroites et sinueuses, que l'on parcourt la nuit, comme de bien entendu, après moult agapes. On est revenu dans ce Maquis Bar où l'on était déjà entré, il y a longtemps, demander on ne se souvient plus trop quoi.
Mais de ce seuil, de ce trajet, de ces pas qui sont empreints d'autres, on mesure encore un chemin accompli.

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Coques en stock

Embarcations par milliers, sur ce bras de rivière. J., en fin rameur, s'avise de commenter les techniques du cru. Il est disert, mais nous n'avons pas beaucoup de temps pour deviser de la sorte...

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Chua Huong ?

Il y a, à quelques heures de route de Hanoï, une pagode que l'on dit parfumée, et où les pèlerins se rendent en masse aux jours saints. C'est donc le cœur pur et l'âme prête au grand nettoyage que nous nous y rendons, d'un coup de bus et de rames, dans un paysage de montagnes grises et brumeuses.

Las !, il n'y a plus guère que les dieux des pacotilles qui font recette ! Le chemin pentu n'est qu'une vaste foire, à la gloire du plastique cliquant et des transistors crachotants. Ou alors, c'est une épreuve de plus pour célébrer l'impermanence, la quête de l'immatériel qui vient narguer le moine jusque sous ses autels.

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jeudi 10 avril 2008

Sur les pointes

Une ballerine qui joue au funambule sur une passerelle. Haut-perchée, elle regarde l'eau chuter, en dessous. Cataracte bruyante, qui ne la trouble pas.

En contrebas, c'est l'escalier, l'aménagement bétonné qui dépareille. Le chemin à suivre, main sur la rambarde, dans les vapeurs d'eau froide.

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mercredi 9 avril 2008

Chhht...

Bougon, mais curieux. Il est derrière nous, il nous suit, à quelques pas. Il ne dit pas un mot, ne fait aucun geste, seulement les mains de long du corps, ou dans les poches. Il regarde un petit groupe de gens venus d'ailleurs, à l'attirail électronique et cliquetant, saisir ces instants de balades. Il regarde, en fin de compte, c'est tout.
Et puis on est tous remonté, et sans changer d'air il a repris la route, sur le côté, en aval.

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Degrés d'enfance

Que d'escaliers, suivant les pentes, sinueux parfois, droit à d'autres !
Et, souvent, là, les petits sont assis, ou montent, ou descendent.

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mardi 8 avril 2008

Player one

Et, au bout du monde, le football fait toujours courir ses idoles.
Table d'hôte, repas maison.
Foulées longues et robustes. Lampées de même.

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Dust to duck

En contrebas, un village de Thais noirs.

Maisons de bois, chemins de terre.

Chiens qui aboient, mains qui resserrent, toujours, les liens des bambous à tout faire.

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De xe lua a huo che

Je crois avoir perdu le compte des pulsations des trains d'Asie.
Tant de kilomètres sur ces voies uniques, étroites, montagneuses...

Celle-là nous emmène à Lao Cai, à l'orée de la Chine du Yunnan, où le paysage se fait haut et découpé. De la ville frontalière, on monte à Sapa, incontournable station, et grand marché, depuis que ces Français d'une autre époque y fondèrent un poste militaire, et puis un sanatorium, et puis une église et les hôtels attenants.

Point de départ ou d'arrivée au sommet du Vietnam, où, d'une randonnée à l'autre l'on observe ces vallées que houes et charrues ont sculptée en terrasses. Là, aussi, les Kinh se font moins nombreux, là où vivent ces minorités éthniques que l'altitude a longtemps préservées du monde d'en-bas.

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lundi 7 avril 2008

On time, still

Et, proche de la maison où l'on s'en retourne pour un somme, on peut à la rigueur apercevoir une heure...

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